L’obésité est désormais « épidémique » en Europe, alerte l’OMS

Selon les dernières données disponibles, 59 % des adultes et près d’un enfant sur trois sont en surpoids en Europe. L’obésité, qui accroît les risques de cancers ou les maladies cardiovasculaires notamment, serait responsable de 13 % des décès annuels dans la région.

 La prévalence de l’obésité chez les adultes en Europe s’est envolée de 138 % entre 1975 et 2016. (iStock)

L’obésité en Europe est désormais « épidémique ». L’alerte a été donnée ce mardi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un nouveau rapport sur cette pathologie.

« Les taux de surcharge pondérale et d’obésité ont atteint des proportions épidémiques dans toute la région et continuent de progresser », déplore, dans un communiqué, la branche européenne de l’organisation. Sur le Vieux continent, près d’un quart des adultes sont désormais obèses, rendant la prévalence de l’obésité plus élevée que dans toute autre région, à l’exception des Amériques.

 

1,2 million de décès par an

Aucun pays de la région ne peut actuellement prétendre stopper la progression, et l’ampleur du problème s’est révélée avec force lors de la pandémie de Covid-19 où le surpoids était considéré comme une comorbidité. « L’augmentation de l’indice de masse corporelle est un facteur de risque majeur de maladies non transmissibles, notamment les cancers et les maladies cardiovasculaires », souligne le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, cité dans le rapport.

Le surpoids et l’obésité seraient ainsi à l’origine de plus de 1,2 million de décès par an, représentant plus de 13 % des morts dans la région, selon l’étude. L’obésité est cause d’au moins 13 types de cancer différents et susceptibles d’être directement responsable d’au moins 200.000 nouveaux dépistages par an. « Ce chiffre devrait encore augmenter dans les années à venir », prévient l’OMS.

Les dernières données complètes disponibles, qui remontent à 2016, montrent que 59 % des adultes et près d’un enfant sur trois (29 % des garçons et 27 % des filles) étaient alors en surpoids à l’échelle de l’Europe. En 1975, à peine 40 % des adultes européens étaient en surpoids. La prévalence de l’obésité chez les adultes s’est envolée de 138 % depuis cette date, avec une progression de 21 % entre 2006 et 2016.

Effet délétère de la pandémie de Covid

D’après l’OMS, la pandémie de Covid-19 a permis de prendre la mesure de l’impact de l’épidémie de surpoids dans la région. Les restrictions (fermeture des écoles, confinement) ont parallèlement « entraîné une augmentation de l’exposition à certains facteurs de risque qui influencent la probabilité qu’une personne souffre d’obésité ou de surpoids », souligne Hans Kluge. La pandémie est à l’origine de changements néfastes dans les habitudes alimentaires et sportives dont les effets, durables, doivent être inversés, plaide l’OMS.

« Les interventions politiques qui ciblent les déterminants environnementaux et commerciaux d’une mauvaise alimentation […] sont susceptibles d’être les plus efficaces pour inverser l’épidémie », estime-t-elle. Il convient également, selon elle, de taxer les boissons sucrées, subventionner les aliments bons pour la santé, limiter la commercialisation d’aliments malsains auprès des enfants et plébisciter les efforts pour encourager l’activité physique tout au long de la vie.

 

LA PRÉVENTION COMME MEILLEUR MOYEN DE LUTTER?

Mais alors comment soigner cette maladie? « Le principe est simple : quand on prend du poids, c’est que l’on a un apport calorique plus important que ses dépenses. La solution théorique c’est de réduire les apports caloriques et augmenter les dépenses », explique Boris Hansel.

Si certains arrivent à modifier leur mode de vie et perdre du poids sur le long terme en marchant plus par exemple et en mangeant plus de légumes, d’autres ont plus de difficultés à changer radicalement: « Pour ces gens, il faut se faire accompagner. Et il ne faut pas céder aux régimes restrictifs en pensant perdre du poids rapidement et le maintenir ensuite: « Soit on arrive à modifier radicalement son mode de vie, ce qui peut être compliqué, soit vous avez des difficultés et il faut un accompagnement ».

 « L’EAU EST LA SEULE BOISSON NÉCESSAIRE »

L’OMS propose aussi de taxer les boissons sucrées: « On n’empêchera jamais Coca-Cola ou les autres producteurs de sodas à faire des boissons sucrées », tempère Pierre Azam, médecin spécialiste de l’obésité qui mise sur l’éducation. « Il faut apprendre aux enfants à ne pas boire de sodas et s’hydrater. Il faut que cela devienne pour eux aussi culturellement nocif qu’une cigarette. Et ça c’est de notre responsabilité », ajoute-t-il, plaidant pour des cours de nutrition dès l’école.

Car les boissons sucrées sont presque ce qu’il y a de pire: S’il y a un aliment, une boisson qui fait du mal, ce sont les sodas », avertit aussi Boris Hansel. 

Source AFP et rmc.bfmtv.com

 

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