NDLR: Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien. Psaume 139

Souvent imité mais jamais égalé, le lait maternel reste l'aliment de choix du nourrisson durant les quatre à six premiers mois de vie. «Breast is best», disent les Anglo-Saxons. Sans parler du lien privilégié qui s'instaure entre la maman et son tout-petit.

A l'occasion du deuxième congrès mondial de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique, à Paris du 3 au 7 juillet, les spécialistes ont tenu à rappeler ses vertus essentielles pour le développement et la santé des bébés. «Le lait maternel, ce n'est pas juste un ensemble de nutriments, c'est un produit biologique vivant d'une exceptionnelle qualité», soutient le professeur Dominique Turck, professeur de pédiatrie à Lille. «On y trouve toutes sortes de substances essentielles, notamment des acides gras qui participent à la maturation du système nerveux, des facteurs de croissance, des immunoglobulines contre les infections, etc.»

Et les bienfaits du lait maternel ne cessent d'être découverts, voire redécouverts. Les bébés au sein font moins de gastro-entérites, d'otites et de bronchiolites (la hantise des mamans l'hiver). A condition d'avoir reçu un allaitement au sein exclusif durant trois mois, ce qui n'est pas insurmontable.

Ils sont moins exposés à une obésité infantile ultérieure, de plus en plus fréquente à l'heure actuelle puisque 16% des petits Français sont trop gros aujourd'hui (contre 3% en 1965). Grâce au lait maternel, il y aurait une réduction de 20% du risque d'obésité, mais à la condition d'avoir été nourri au sein de quatre à six mois. Pour l'heure, les experts sont bien en peine de donner des explications à ces propriétés anti-obésité. S'agit-il de facteurs protecteurs présents dans le lait maternel, ou encore d'un goût particulier du lait qui limiterait l'appétence ultérieure pour le sucré et le gras, on n'en sait rien encore.

Les bébés allaités semblent aussi relativement protégés vis-à-vis du diabète insulinodépendant, du moins s'ils appartiennent à une famille à risque.

Protection également contre le risque d'allergie et d'eczéma qui concerne aujourd'hui de très nombreux enfants. A la condition d'avoir été nourri exclusivement au sein durant les quatre premiers mois.

Enfin, le lait maternel apporte un petit bénéfice en terme de développement neuro-compor temental. Car il contient des acides gras dits essentiels (EPA pour acide eicosapentaénoïque et DHA pour acide docosahexaénoïque), qui jouent un rôle important dans la maturation du système nerveux et dans celui de la rétine. Des acides encore dénommés oméga 3, que l'on trouve aussi dans les poissons gras. «On a prescrit des oméga 3 à des femmes allaitantes et l'on a suivi le développement de leurs enfants jusqu'à l'âge de sept ans. Avec au final des petites différences positives au niveau du développement neuro-comportemental de ces bambins», rappelle le professeur Turck. Mais il est hors de question d'en conclure qu'ils amélioreraient leur quotient intellectuel.

Pour toutes ces raisons, l'Organisation mondiale de la santé recommande, depuis mars 2001, l'allaitement au sein pendant une période de six mois. Et ce aussi bien dans les pays industrialisés que dans ceux en voie de développement car le lait maternel réduit de surcroît la mortalité infantile.

Pourtant les Françaises sont les bonnes dernières en Europe à privilégier ce type de solution pour leur bébé. En tête du palmarès viennent les Norvégiennes et plus généralement les Scandinaves qui allaitent à plus de 90% à trois mois, 80% à six mois et qui sont encore 35% à le faire à douze mois, selon une enquête européenne menée en décembre 2003.

Autre initiative à signaler celle de la faculté de médecine de Grenoble. Celle-ci a mis en place un diplôme de troisième cycle avec 120 heures exclusivement consacrées à cette pratique et destiné à tous les professionnels concernés. Sans oublier les associations comme la Leche League ou Solidarilait qui font un travail extraordinaire auprès des jeunes mères, avec des équipes motivées et expérimentées.

Mais il faudrait surtout informer et convaincre les femmes. «Il n'est bien sûr pas question de culpabiliser celles qui ne souhaitent pas nourrir leur enfant», reconnaît le professeur Turck. «En revanche il faut tout faire pour aider les 75% de Françaises qui affirment vouloir tenter l'expérience.» En menant également des campagnes d'information très tôt auprès des jeunes filles durant leur formation scolaire. C'est ainsi que les Norvégiennes sont passées de 30% en 1960 à plus de 95% aujourd'hui.

Catherine Petitnicolas
(Le Figaro) ajouté le 8-7-2004 dans Santé

 

Note du webmestre :  Le lait maternel est un don de Dieu, donc n'en privons pas nos enfants.
   

 

 

 

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