Cette affection ressemble à l'anorexie. M. Lawrence et M. Dana écrivent : "Absorber de la nourriture et la rejeter peuvent être considérés comme une seule et même action". Les domaines plus spécifiques à cette affection concernent :

Les conflits

La personne boulimique cherche désespérément à maîtriser sa vie, mais elle se heurte à de nombreux conflits. Elle veut être forte, mais éprouve de grands besoins intérieurs. Il est plus difficile de remarquer une personne boulimique ; car l'anorexique est amaigrie, et adopte un comportement de repli. La personne boulimique, en général, est compétente, a un bon travail, s'habille bien, mais son trait caractéristique consiste à cacher ses problèmes. Il existe en elle un abîme entre la partie d'elle qui maîtrise les choses, et celle qui est dépendante, qui ne sait pas gérer sa vie. Elle a honte de cette partie d'elle et la cache. Cela est vrai pour beaucoup d'entre nous, mais c'est poussé à l'extrême chez elle ; le désir de maîtriser sa vie est tellement fort qu'il la pousse au schéma boulimique. Elle est convaincue, que sous des dehors acceptables, il existe une personne foncièrement mauvaise, un monstre.

Les relations

En avalant de grandes quantités d'aliments, elle se dit : "J'ai de grands besoins affectifs", puis en les vomissant, elle dit : "Je rejette tout, je suis terrifiée en pensant que mes besoins puissent être satisfaits". Elle vit selon un schéma semblable dans ses amitiés ; c'est le cas dans les autres troubles du comportement alimentaire ; ses réactions face à la nourriture seront les mêmes dans le domaine affectif.
L'anorexique anesthésie ses sentiments ; elle ne peut pas avaler de nourriture, elle ne veut pas ressentir d'émotions. La personne boulimique va absorber de la nourriture, puis la rejeter ; elle acceptera d'intérioriser ses émotions, puis les rejettera. Elle a envie de se sentir aimée, et dans le même temps elle craint que les gens ne s'aperçoivent de ce qui se passe à l'intérieur d'elle même. Elle vit dans la peur de ce que les autres pensent. Elle peut nouer une amitié, et l'abandonner très vite.

L'amour

La jeune femme boulimique recherche constamment l'amour parfait. Elle entretient des relations avec les adultes pour trouver ce qu'elle n'a pas obtenu dans son enfance (cela n'est pas vrai pour tous les troubles du comportement alimentaire ni pour tous les états de dépendance). Elle a subi des traumatismes et recherche auprès d'autres adultes l'amour et la chaleur d'une figure maternelle. Mais elle est déçue dans son attente, car le problème ne se situe pas à l'âge adulte, mais dans l'enfance. C'est pourquoi elle a besoin d'aide pour comprendre son dérèglement par rapport à ce qui s'est passé, il ne suffit pas d'essayer de modifier simplement son comportement.

Les sentiments négatifs

La personne boulimique voit le mauvais côté, d'elle même, qui inclut les mauvais sentiments, du moins ceux qu'on lui a appris à considérer comme tels. Mais elle les ressent vraiment, et il lui faut les gérer d'une façon ou d'une autre. Sa façon de les affronter, c'est son comportement alimentaire. La plupart des gens séparent nettement ces mauvais sentiments des bons, mais la personne boulimique les retranche carrément. Elle peut se montrer sous un jour favorable, comme quelqu'un qui assume, et plus tard en rentrant chez elle, se ruer sur la nourriture et l'engloutir. Ce faisant, elle se permet enfin de ressentir tous ces sentiments mauvais : la souffrance, la colère, la tristesse. Puis, elle réalise ce qu'elle a fait, elle se déteste à cause de cela, et se débarrasse de toute cette nourriture, et avec elle, de tous ces sentiments négatifs.

Lorsqu'elle sort de chez elle, plus tard, elle donne à tous l'impression de quelqu'un qui fait front. Elle utilise un mécanisme qui lui sert à affronter les difficultés. Si l'on n'aide pas cette personne à comprendre pourquoi elle a besoin de ce comportement, elle risque de dériver d'une dépendance à l'autre. On ne peut pas tout simplement changer son comportement. La relation d'aide à ce stade, est d'une très grande utilité. Marylin Lawrence écrit une chose importante : "Au lieu de se sentir abattue, la boulimique ressent un appétit incontrôlable". C'est là un principe important dans ce domaine ; une chose qui appartient au domaine émotionnel s'exprime dans le domaine physique.

Voici un exemple vécu qui illustre ce principe, bien qu'il concerne plus particulièrement l'obsession alimentaire. Il y a deux ans, j'ai participé à un séminaire d'une journée qui s'adressait à un groupe de personnes souffrant de ces affections. Nous approchions de midi lorsque le thérapeute qui animait la réunion annonça : "C'est bientôt l'heure du repas". Ce à quoi répondit une participante : "Tant mieux, j'ai faim !". L'animateur lui demanda alors: "Où ressentez vous la faim dans votre corps ?" Quelle question stupide, pensai je !


Que répondriez vous à cette question ? Vous montreriez, comme moi, je pense, votre estomac! Eh bien cette jeune femme répondit "Ici" en désignant la région du cœur. D'une manière habile, ce thérapeute montra ainsi que cette personne n'avait pas seulement faim physiquement, mais également affectivement, et qu'elle n'était pas capable à ce moment de faire la différence. Venir en aide aux personnes boulimiques, c'est les aider justement à faire la différence entre ces deux versants ; le côté physique, et le côté émotionnel, affectif.

Le comportement adopté par ces personnes les aide à gérer "leur vie" ; une question pourrait être posée : "Pourquoi leur proposer un changement, si cela fonctionne ?" C'est qu'en fait, au bout d'un moment, cela ne fonctionne plus si bien ; le dérèglement alimentaire, après avoir servi de solution, devient lui même un problème; à ce stade, la personne a besoin d'aide.

 

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