Le réchauffement climatique va changer la France 
 
Une étude scientifique réalisée pour Greenpeace anticipe les conséquences du changement climatique dans notre pays. Marielle Court


LES TRAVAUX s'accumulent et les projections se précisent. Un nouveau rapport (1) commandé par Greenpeace, réalisé par de grands spécialistes du réchauffement climatique et mis en musique par la société Climpact, vient ainsi d'être publié avec la volonté de montrer l'impact des hausses de températures sur la France. Certes, il s'agit de «scénarios» et non pas de «prévisions», rappellent dans la préface les deux climatologues français Jean Jouzel et Hervé Le Treut. Il n'empêche : le moins pessimiste prévoit une hausse des températures d'ici à 2100 de 2 °C à 2,5 °C et le plus pessimiste de 3°C à 3,5°C. Hausse des températures que l'on peut déjà constater en France puisque l'on a gagné 0,6°C par décennie entre 1976 et 2003.


Résultats : humains et nature vont en subir les conséquences, parfois lourdement. En matière de santé, par exemple, les experts notent le risque d'émergence ou de retour de certaines maladies : paludisme, dengue, fièvre jaune... Mais, surtout, ils redoutent les effets sur l'organisme du «stress thermique». Un réchauffement autour de 2 °C «entraînerait une légère augmentation de la mortalité estivale», un réchauffement plus important «accentuerait la mortalité de saison chaude au point de la rendre prépondérante sur l'année», expliquent-ils. En ce qui concerne l'agriculture, «plutôt qu'une rupture dans le rendement des productions, c'est à une accentuation du déplacement des aires qu'il faudra s'attendre», précise le texte. Dans ce cas, comment faire pour les productions liées à un terroir ?, demandent les auteurs.


Moins de chutes de neige

Côté nature et tourisme, les experts envisagent une diminution des chutes de neige. «A 1.500 mètres, on passerait de cinq à quatre mois d'enneigement dans les Alpes du Nord et de trois à deux mois dans les Alpes du Sud et les Pyrénées», poursuit le document, qui ajoute : «Les études récentes suggèrent une probable remise en cause de l'existence même des stations d'hiver de moyenne montagne.» Ils évoquent également la fonte accélérée des glaciers.

Lentement mais sûrement, la France risque donc de changer de visage. Ces perspectives devraient inciter le gouvernement à renforcer les mesures visant à réduire les rejets de gaz dans l'atmosphère, responsables du réchauffement. Il en sera question en début de semaine. Un premier bilan du plan climat lancé en juillet 2004 pour permettre à la France de respecter le protocole de Kyoto doit être présenté et des mesures doivent être annoncées. 
 
Source : Le Figaro 



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