Entre 50% et 75% des eaux françaises sont fortement dégradées 
 
 
50 à 75% des eaux françaises sont fortement dégradées, sans même prendre en compte de nombreux polluants tels que les dioxines, phtalates, antibiotiques ou micro-algues toxiques, constate un rapport du Muséum d'histoire naturelle.

Cette étude publiée lundi porte pour la première fois à la connaissance du public les résultats d'états des lieux réalisés pour décembre dernier par les Agences de l'eau dans les six grands bassins français, conformément à une législation européenne.

La directive cadre sur l'eau de 2000 demande aux Etats-membre de parvenir à un "bon état" de l'ensemble des eaux en 2015. Un premier état des lieux (décembre 2004) montre que, dans l'hypothèse la plus optimiste, moins de 50% des eaux du territoire métropolitain pourront atteindre le bon état écologique requis d'ici 2015. Dans l'hypothèse la plus pessismiste, un quart pourront y parvenir.

En effet, 25% des masses d'eau naturelles sont classées en "bon état probable", 25% sont "à risque" et 23% présentent un "doute" (les données manquent, ou il existe des incertitudes). 27% des eaux, qui ont été fortement modifiées par l'homme (comme les lacs de retenue des barrages), sont classées à part, n'ayant aucune chance de remplir le contrat.


Certains résultats sont alarmants: en Artois-Picardie, 100% des eaux souterraines sont classées "à risque" du fait de l'infiltration de polluants d'origine agricole et industrielle, et 82% en Seine-Normandie.

Selon l'équipe coordonnée par le professeur Jean-Claude Lefeuvre, ce bilan, déjà préoccupant, "est loin de réfléter la réalité", car il ne prend pas en compte les micro-polluants tels que les produits pharmaceutiques, phtalates (présents dans les plastiques), retardateurs de flammes bromés, dioxines (cancérigènes), ni les micro-algues toxiques, comme celles qui ont conduit à interdire pendant 5 semaines la vente des huîtres du bassin d'Arcachon.

Le bilan repose essentiellement sur l'analyse du "couple infernal" nitrates/pesticides, relève le professeur Lefeuvre.

"On n'a pas mis en place les structures qui permettent de mesurer les autres polluants, cela implique des laboratoires performants, du matériel et de l'argent", estime-t-il.

Une directive européenne de 1976 prévoyait pourtant un suivi de 99 micro-polluants. "La France a été condamnée le 12 juin 2003 par la Cour de justice européenne pour n'avoir pas mis en oeuvre cette surveillance", rappelle le Pr Lefeuvre. Elle a finalement transcrit la directive ... 30 ans plus tard, en 2005.

Il n'y a pas non plus de suivi national des micro-algues, alors que "sur toutes les côtes françaises on a des micro-algues toxiques, avec des accidents liés aux dinophycées (qui contaminent les coquillages), année après année celà ne fait que se renforcer", selon M. Lefeuvre.

Leur prolifération est liée à la qualité des eaux littorales, elles-mêmes dépendantes des eaux des rivières et de celle des bassins versants: c'est précisément cette chaîne que vise le "bon état écologique" de la directive européenne.

"C'est une chance historique de retrouver un bon état de nos rivières et de nos eaux souterraines, ne la gâchons pas en minimisant, faisons le bon diagnostic", lance le pr Lefeuvre.

Le biologiste, auteur du premier cri d'alarme sur les nitrates en Bretagne en 1970, met en garde contre la tentation pour la France de demander une dérogation à la directive.

Le gouvernement a présenté début avril au parlement une Loi sur l'eau, qui vise le "bon état écologique" en 2015 sans s'attaquer, selon les associations écologistes, au problème de fond des pratiques agricoles.

Source : AFP


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