Mais peut-on, avec un petit budget avoir une alimentation équilibrée ?

 Dans notre pays, pratiquement tout le monde mange à sa faim, et même davantage… La surabondance alimentaire n’est pourtant pas un gage de bonne santé, en particulier dans les foyers défavorisés.

Lors de la quatrième journée “Alimentation et précarité”, organisée au Palais du Luxembourg, les experts, réunis à l’invitation du CERIN (Centre de recherche et d’information nutritionnelles) n’ont pas manqué d’en faire le constat.

Les enquêtes en témoignent : certains comportements alimentaires considérés comme dommageables sont aggravés chez les plus défavorisés. Repas sautés ou inexistants, grignotages réguliers remplaçant les repas, forte consommation d’aliments gras et sucrés, faciles à consommer sans préparation : chips, viennoiseries, barres chocolatées, boissons sucrées…Et, à l’inverse, consommation insuffisante de fruits et légumes, de poissons…

Les conséquences de ces « mauvaises habitudes » alimentaires inquiètent les nutritionnistes. C’est dans les populations démunies que l’on observe le plus de déficits en vitamines et en minéraux (comme le calcium), susceptibles de favoriser l’apparition de nombreuses pathologies : maladies cardio-vasculaires, cancers, diabète, ostéoporose…

C’est aussi dans ces mêmes populations que l’obésité progresse le plus : elle touche 15% des femmes en situation de précarité contre 8% dans la population générale. Enfin, dans ces mêmes milieux défavorisés, le risque de désocialisation apparaît élevé, en raison de l’abandon des repas et des repères structurants pour l’individu.

Pour exprimer le recul des comportements alimentaires “traditionnels”, plus favorables à la santé, les experts avancent plusieurs hypothèses. La perte de la transmission des savoirs culinaires, en particulier dans les populations immigrées. L’inquiétude ou le découragement face à des si-tuations sociales difficiles. Le manque de temps, de motivation ou d’implication pour la préparation des repas. L’influence de certaines publicités, surtout télévisées. La hausse des prix des produits frais comme les fruits et les légumes.

Pourtant, avec un peu de formation et d’attention, il est possible de bien manger avec un petit budget. Encore faut-il rendre leur place à des repas réguliers, pris à la maison, qui semblent le meilleur moyen de “manger de tout” (fruits, légumes, féculents…). Revaloriser l’acte de cuisiner au quotidien. Retrouver le goût de la « cuisine du marché », en diminuant la consommation des produits tout prêts, souvent trop gras et trop sucrés. Et en sélectionnant, à chaque saison, les produits les moins coûteux : ce qui est possible, même pour les fruits, les légumes ou les poissons ! Dans ces conditions, la préparation des repas peut être l’occasion de manger plus économique et plus équilibré.

Les responsables de la santé publique en sont, semble- t-il, de plus en plus conscients.
Présente à la quatrième journée organisée sur ces questions par le CERIN, Nelly Olin, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l’exclusion, a réaffirmé la nécessité d’actions de terrain auprès des plus démunis. Avec l’espoir de redonner le goût de se mettre à table.


NDLR : L’excès de plats cuisinés et de laitages préjudiciables à la santé, une fois réduit, dégage une certaine somme d’argent pour acheter des produits complets et de qualité. Il ne faut pas oublier que l’association céréale + légumineuse apporte tous les acides aminés essentiels, au même titre que la viande : 1 livre de lentilles et 1 livre de céréales seront toujours moins chères qu’une livre de viande en rassasiant mieux toute la famille.

L’Est Républicain du 16-12-04    

Note du webmestre :   C'est ce que je fais et je me porte trés bien.
                            
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