LES NON-DITS EN SANTÉ PUBLIQUE DOIVENT ÊTRE PRIS EN COMPTE POUR PRÉPARER L’AVENIR

Les politiques rêvent de réduire les coûts de la santé.

Mais les solutions qu’ils proposent n’ont aucune chance d’être efficaces. Voici pourquoi :

Un constat sans concession

- La médecine : un business pur et dur

L’augmentation considérable du nombre de malades atteints de maladies de civilisation liées à des comportements contraires à la santé devient un vrai business.

Le diabète, le surpoids et l’obésité, les maladies auto-immunes… des rhumatismes à l’Alzheimer ou Parkinson toutes ces maladies remplissent les cabinets médicaux qui traitent les symptômes plus que les causes réelles. On réduit l’inflammation sans en connaître l’origine.

On donne des antihormones quand les hormones, comme contraception ou au moment de la ménopause, sont responsables des cancers du sein, de l’ovaire et de l’utérus ; et on tranquillise les patientes en leur soutenant mordicus que, grâce à ces traitements qui n’ont rien de naturel, leur cancer est de bon pronostic.

On diagnostique, avec des ostéodensitométries paramétrées pour faire peur, des fractures ”invisibles” pour stimuler, au-delà de 50 ans, la prise de médicaments contre l’ostéoporose en agitant le spectre du fauteuil roulant.

On paramètre sur les analyses des laboratoires des taux normaux de cholestérol très bas de telle façon que les patients les dépassent, le but étant de prescrire des statines.

Les associations contre le cancer en sont toujours, dans le domaine de la prévention, au tabac et à l’alcool, en assimilant vins et alcools forts. L’Etat, encore récemment, démontre qu’il préfère les taxes des cigarettiers qui s’enrichissent sur le dos des malades. Pas question de parler des autres causes qui risquent de bousculer des lobbies puissants.

Les médias répètent en chœur les mêmes slogans. Trop de médecins font de même, formatés par les enseignements postuniversitaires organisés par les laboratoires pharmaceutiques dont les budgets publicitaires montent à des hauteurs vertigineuses par rapport à leurs budgets recherche.

Les labos en font leurs choux gras, voient leur cotation en bourse grimper dès que leur service de communication annonce qu’une nouvelle molécule va guérir le cancer, le sida ou toute autre maladie.

Pourtant, nombre de ces maladies seraient évitables en changeant de comportement, mais pas question de le dire. Il faut satisfaire les actionnaires ! Que les labos gagnent bien leur vie est normal, mais que les actionnaires gagnent de l’argent sur le dos des malades reste très discutable sur le plan éthique.

Je sais bien qu’on leur fait croire qu’ainsi la recherche avance plus vite. Ainsi la collusion entre la médecine et les labos a-t-elle permis de créer de nouvelles maladies qui rapportent gros et plombent toujours plus nos charges sociales, taxes et impôts.

- L’euthanasie et l’eugénisme : faire croire au progrès social

Quand on est incapable de donner un toit et du travail à tous, quand on accroit les impôts pour maintenir un train de vie somptueux à l’Etat et créer des emplois bidon pour dire qu’on a fait baisser le chômage, on amuse la galerie.

C'est le travail du dimanche, ou des sujets plus sérieux tels que l’euthanasie. Elle change tout simplement de nom, et devient sédation profonde, imposée à l’équipe médicale soupçonnée – par les médias et les conseillers politiques qui ne voient jamais de malades – d'acharnement thérapeutique sur les malades et d'incapacité à calmer les douleurs.

C’est aussi une forme d'eugénisme, de sinistre mémoire, qu'on nous fait passer : mais réalisée en douceur par les blouses blanches et les ”grands” chercheurs qui expérimentent avec l’humain au début de sa vie mais ne font en rien avancer la science. Expérimenter sur l’humain coûte moins cher que de le faire sur des embryons de babouins !

Nous sommes en pleine régression sociale, justifiée par une pseudo-démocratie participative où les citoyens, de bonne foi sur des sujets qui dépassent leurs compétences et qu'on leur présente comme scientifiques, sont manipulés ou anesthésiés.

Et les Unions nationales d’associations financées par l’Etat ne font pas mieux. Elles ne servent qu’à justifier un Etat impuissant qui ne défend que ses intérêts. Une grande réforme s’impose.

Quant au Conseil de l’ordre des médecins, il reste trop souvent aux ordres !

- La médecine au quotidien : vers le burn out

Pendant ce temps, sur le terrain, les médecins œuvrent comme des forçats, obligés de voir 40 patients par jour à 23 euros la consultation après dix ans d’études, quand le plombier vous en demande 50 pour régler une fuite d’eau.

Les suicides de médecins ne sont plus rares, inquiètent moins que ceux qui se produisent en prison : le corps médical est épuisé par des exigences de plus en plus grandes, des retards de paiement, une paperasserie invasive qui contrôle leurs moindres prescriptions et tue.

Dans les hôpitaux, les urgences sont surchargées par la bobologie et l’on risque de laisser passer des maladies très graves.

Quand on arrive en maison de retraite, le code est à l’intérieur car la plupart des pensionnaires cherchent à retourner chez eux. À leur entrée, on leur offre un plumier qui leur rappelle leur enfance et chaque rainure se décompose en jours et en heures pour ne pas oublier la pilule pour se réveiller, celle pour baisser la tension, celle pour l’audition, pour les urines, la constipation, les hémorroïdes et le sommeil. Ah ! j’oubliais la déprime, et les pilules contre les effets secondaires des précédentes.

Il n’est pas rare de compter 10 à 12 médicaments alors que le plus souvent trois suffisent.

Le tiers payant intégral aux bénéficiaires de l’aide à l’acquisition d’une couverture maladie complémentaire (ACS) à partir de juillet 2015 devra être supprimé. Il fait croire que la santé n’a pas de prix, d’où des abus déjà considérables alors que le déficit de l’assurance maladie est abyssal et s’aggrave régulièrement.

Ce tableau est sombre, je le reconnais, mais hélas réaliste !

Professeur Henri Joyeux

Santé publique : la loi du plus fort
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